Rediffusion de l'émission du 24/01/2012

C'est étrange; pendant une bonne partie du XXe siècle, les Français ont joué avec les Mérovingiens comme avec des poupées de fantaisie. Sans doute l’effet euphorisant de la litanie des noms alors en usage: Arégonde et Frédegonde, Theodechilde et Austrechilde, Théodulf et Agobar...

L'éducation des enfants de Clovis par Lawrence Alma-Tadema - 1861
L'éducation des enfants de Clovis par Lawrence Alma-Tadema - 1861 © Shakko / Shakko

Ou une douce somnolence née de la contemplation des images de nos manuels : souvenez-vous, ces souverains qui roulent lentement dans leurs chars à bœufs, tous rideaux tirés ?

A tout prendre, ces représentations paresseuses - c'est nous qui étions fainéants, pas les rois en question - avaient au moins l'avantage de l'innocence. Auparavant, au XVIIIe et plus encore au XIXe, l'époque, à l'inverse, avait suscité une imagerie et une littérature considérables derrière lesquelles se dissimulaient des partis pris nationalistes voire raciaux. L'histoire de la Gaule mérovingienne était alors un champ de bataille de la plus haute importance. On voulait en rapporter un butin qui aurait caractérisé, dès cette époque reculée, notre noblesse, notre monarchie, mieux: notre nation. Et l'aurait distinguée d'entre les nations, et surtout des Germains, autrement dit : les Barbares.

Fébrilité à l'époque romantique puis républicaine, négligence une bonne partie du siècle dernier. Au-delà des représentations usées, comment, aujourd'hui, atteindre ce passé qui ne mérite pas d'être qualifié d'obscur.

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