Caravane en route vers La Mecque par Yahya ibn Mahmud al-Wâsitî' - Maqâmât al-Harîrî - 1237
Caravane en route vers La Mecque par Yahya ibn Mahmud al-Wâsitî' - Maqâmât al-Harîrî - 1237 © domaine public / The Yorck Project

Le grand historien arabe Ibn Khaldoun, le premier à faire de la philosophie de l’histoire hors d’Europe, notait qu’au bout de quelques générations, les dirigeants des empires laissaient à d’autres leurs fonctions d’hommes de guerre. C’est ainsi que les Omeyyades se retrouvèrent chassés de Damas au bout d’un siècle et que les Abbassides qui leur succédèrent furent au bout d’un moment mis sous tutelle par plus puissants qu’eux.

C’est la question-clé du califat. A la masse des hommes des villes et des champs, il est censé apporter la paix et la sécurité par application d’une Loi qu’il n’a pas édictée puisqu’elle vient de Dieu ; dans l’idéal, il est la chose de la communauté toute entière. Mais, dit encore Ibn Khaldoun, l’histoire enseigne qu’il naît de la violence d’une minorité qui a imposé son ordre avec une extrême brutalité.

Sans forcer le rapprochement, les combattants sous étendard noir de l’Etat islamique en Irak et au Levant qui sont aux portes de Bagdad aujourd’hui sont, au moins par le nombre, comparables aux quelques milliers d’Arabes qui déferlèrent sur la région au VIIème siècle. Ou, ce qui les surprendrait, aux quelques dizaines de milliers de Mongols qui, au XIIIème siècle, suffirent pour imposer leur volonté à quelques dizaines de millions de musulmans.

Pour désigner la force des tribus mobiles qui soumettent les sédentaires, Ibn Khaldoun parlait d’asabiya.

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