Longtemps, la mort en mer fut regardée comme une fatalité. Le sauvetage, en conséquence, n’apparaissait pas comme une nécessité.

Le sauvetage en mer
Le sauvetage en mer © AFP / JEAN-PIERRE MULLER

Longtemps, la mort en mer fut regardée comme une fatalité. Le sauvetage, en conséquence, n’apparaissait pas comme une nécessité. Le mot même ne fut formé qu’à la fin du XVIIIème siècle. Dans le Littré, la première acception qui vient est : action de retirer des flots les débris d’un naufrage. Le sauvetage comme aubaine… Puis le dictionnaire ajoute : « se dit aussi de de l’action de sauver des hommes tombés à la mer. » Louis XIV avait bien enjoint à ses sujets de « faire tout devoir pour secourir les personnes qu’ils verront dans le danger de naufrage » mais c’est seulement au XIXème - l’époque de Littré, précisément - que le sauvetage s’organise, avec ses canots, ses bénévoles, ses stations de surveillance, ses sociétés - la première, en 1824, est dite Société humaine des naufragés. Le sauvetage est une construction humaine, sociale et morale…

Peu à peu, la technicité gagnant du terrain, les moyens à mettre en œuvre étant de plus en plus coûteux, l’organisation se précise

C’est en 1967 que les différentes sociétés françaises sont fédérées en une seule, la SNSM qui commémore cette année son cinquantième anniversaire par une exposition à Port-Louis. Entre les deux piliers qui demeurent, l’Etat et le bénévolat, le partage des responsabilités est pour un moment clarifié.

Le XXème siècle voit aussi s’élever tout un édifice de conventions sur le droit de la mer. En 1982, il est encore rappelé que le capitaine a obligation de prêter assistance à toute personne se trouvant en situation de détresse en mer.

Et c’est au moment où on pourrait se féliciter de la qualité de tous ces dispositifs qu’éclate la grande crise des réfugiés en Méditerranée. Y a-t-il jamais eu dans cette mer des embarcations aussi fragiles que celles qui y circulent actuellement ? Surtout, Frontex et les autorités des pays européens chargées de lutter contre l’immigration clandestine commencent à soupçonner de complicité avec les trafiquants les bateaux de pêche, de commerce ou d’ONG qui portent secours aux réfugiés. La construction humaine, sociale et morale du sauvetage est une entreprise plus fragile qu’on ne croit.

L’exposition « MAYDAY ! Voix et visages du sauvetage en mer » raconte la réalité des opérations actuelles de sauvetage en mer, à travers des images et des sons inédits, accompagnés d’une sélection d’objets emblématiques, en complément du parcours historique proposé au Musée de la Marine de Port-Louis (Lorient)

Chanson Escale de Suzy Solidor, 1938.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.