La boxe thaïe aujourd’hui, c’est, toutes proportions gardées, l’équivalent de ce que fut la savate au XIXème siècle. Ceux qui s’exténuent à la pratiquer viennent y chercher une assurance. Ceux qui l’enseignent font un travail sur le corps mais aussi sur l’être social de leurs élèves.

Boxeur
Boxeur © Getty / Westend61

La boxe thaïe aujourd’hui, c’est, toutes proportions gardées, l’équivalent de ce que fut la savate au XIXème siècle. Balzac décrit « la poitrine découverte et les muscles saillants du prolétaire » : les indices de son « tempérament de bronze qui lui avait servi de point d’appui pour soutenir tout un poème de malheurs. » Une de ses armes était la savate. 

Le dictionnaire de Littré consent à dire qu’elle avait des règles mais la désigne  avec un peu de dégoût : une manière de gymnastique, une sorte de sport. C’est que la savate, comme la boxe thaïe, jouait des pieds et des coudes autant que des mains. Dans la déréliction des bas quartiers des villes industrielles, elle aida les classes laborieuses à maintenir des groupes et des codes qui leur étaient propres.

Aujourd’hui, les classes laborieuses sont largement devenues des classes chômeuses

La virilité et son cortège de vertus austères ne se construisent plus à travers le travail manuel à l’atelier. A ceux qui sont en quête d’un boulot, aux manutentionnaires, aux livreurs, aux agents de sécurité restent les sports. Encore faut-il que les jeunes les plus aisés, qui les pratiquent à peu près tous, ne viennent pas les y concurrencer. C’est ici que la boxe thaïe, comme la savate naguère, peut devenir un champ exceptionnel. 

Ceux qui s’exténuent à la pratiquer viennent y chercher une assurance. Ceux qui l’enseignent font un travail sur le corps  mais aussi sur l’être social de leurs élèves. Jean-Louis Borloo recommandait la multiplication des coachs sportifs. Les entraîneurs de boxe thaïe sont souvent bien davantage.

Et ils arrivent même à introduire quelques filles dans les rangs. Sait-on que, contrairement aux idées reçues, les jeunes des milieux populaires pratiquent moins le sport que les autres catégories ? Et que c’est  chez les filles des milieux populaires que le pourcentage des pratiquants sportifs tombe au  plus bas.

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