Ernst Jünger en uniforme à la fin de la Première Guerre Mondiale
Ernst Jünger en uniforme à la fin de la Première Guerre Mondiale © Scheffkoch / Scheffkoch

Mort en 1998, plus que centenaire et habillé depuis longtemps en patriarche serein, il avait organisé autour de lui le rituel de la visite chez le grand écrivain. C'était dans un village on ne peut plus allemand, entre Bavière et Wurtemberg. Au menu, tarte aux prunes et crème fouettée, découverte de la collection de sabliers, et ouverture des tiroirs à coléoptères.

L'homme aimait pratiquer avec beaucoup de précision les classifications d'insectes; en revanche, il entendait échapper à celles qui ont si profondément distingué les hommes du XXe siècle. Il prétendait pouvoir grimper sur une éminence et, de sa hauteur, regarder les militants des différents camps, ces "punaises", s'entredévorer...

Mais, à bien des moments, volontairement ou non, il avait quitté la posture de l'observateur. A la fin de sa vie, il crut probablement avoir été un adversaire du nazisme mais il en avait été, dans les années 20, un annonciateur. Ce vendredi 23 mars au soir sur Arte, le cinéaste Volker Schlöndorff conte ainsi comment il se trouva mêlé, en octobre 1941, à l'exécution des 48 otages de Châteaubriant. Le téléfilm s'appelle: "la mer à l'aube".

Guy Môquet, l'un des fusillés, avait 17 ans. Jünger, à l'époque, déjà 46. Mais il lui en restait 57 ans pour affermir encore son talent d'écriture et retoucher, trait après trait, son personnage.

Evénement(s) lié(s)

La mer à l'aube

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.