Jean-Louis Bourlanges, en dépit de sa jeunesse, disposait d’un privilège : il pouvait pénétrer dans certains lieux de pouvoir, très dévalués, il est vrai, à l’époque. Au ministère de l’Intérieur, au risque de passer pour un traître. Ou à l’Assemblée nationale, où il siège maintenant. C’est qu’il était gaulliste !

Jean-Louis Bourlanges en 2001
Jean-Louis Bourlanges en 2001 © Getty / Gilles BASSIGNAC

On se souvient peut-être de la chronique de la révolution de 1848 que tint Victor Hugo. Cela s’appelait « Choses vues ».

En mai, la statue de Victor Hugo dans la cour de la Sorbonne était peinte en rouge. Il n’y avait plus de privilèges pour les grands auteurs. Certains disaient même : plus d’auteurs du tout ! Chacun pouvait donc prétendre composer son volume propre  de « Choses vues ».

Jean-Louis Bourlanges, par exemple ! 

Il faisait ses études comme ceux qui en avaient les moyens  pouvaient encore le faire à l’époque : à Sciences Po et à la fac de lettres, sans être consigné dans un couloir; à son rythme, en dilettante… Il allait d’un point à l’autre de la capitale, à pied ou assis sur cette étrange monture qui s’appelait un solex. A ses risques et périls. Mais, disait Rosa Luxemburg : 

Une journée de grève générale vaut des mois de formation.

Jean-Louis Bourlanges, en dépit de sa jeunesse,  disposait d’un privilège 

Il pouvait pénétrer dans certains lieux de pouvoir, très dévalués, il est vrai, à l’époque. Au ministère de l’Intérieur, au risque de passer pour un traître. Ou à l’Assemblée nationale, où il siège maintenant. C’est qu’il était gaulliste !

Oui mais gaulliste de gauche… Il y avait donc des gaullistes de gauche ? C’étaient des êtres assez tourmentés pour imaginer, en pleine  révolte étudiante, que le général restait un jeune maître es-rébellion! Les méchantes langues insinuaient qu’ils étaient juste là pour épicer la mauvaise cuisine que servait Georges Pompidou – les clous de girofle du gaullisme, en somme. 

En réalité, les gaullistes de gauche étaient au supplice. De partout, on les regardait de travers. Jean-Louis Bourlanges semblait baguenauder mais il marchait habité par cette terrible question : jusqu’où peut aller un gaulliste de gauche s’il veut rester gaulliste et paraître de gauche ?

Programmation musicale : Evariste "Je ne pense qu'à ça" (1969)

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