Des agents hongrois installent des clôtures barbelées le long de la frontière
Des agents hongrois installent des clôtures barbelées le long de la frontière © MaxPPP

L’idéologie de a-mobilité sans frontière est contredite par la réalité qui lui désobéit. Et revient l’idée que le monde, pour être vivable, a besoin de frontières.

En cette matière comme en bien d’autres, l’Europe de l’Ouest a tenté de construire une exception géopolitique. Les accords de Schengen, signés il y a trente ans par cinq pays pionniers et élargis progressivement à d’autres ont été mis en application à partir de 1995 et ont permis la libre circulation à l’intérieur de l’Union. Mais rapidement, bien avant 2015, l’espace Schengen a été soumis à tension.

Les enquêtes de prospective tendues vers l’espoir d’un avenir pacifié n’avaient pas imaginé l’importance que pourraient de nouveau prendre les migrations vers l’Europe. Elles avaient aussi sous-estimé les effets de la fragmentation qui s’est accélérée à l’Est du continent avec la naissance de nouveaux pays dans les années 1990. Le continent européen est, de tous, le plus morcelé. Et l’Union, de son côté, n’a pas construit à temps une politique commune suffisante dans le domaine des migrations et de l’asile.

Maintenant le manque de confiance s’est installé. Les pays des Balkans craignent que l’Allemagne ne finisse par fermer ses frontières et justifient par la précaution leurs mesures de restriction. La Grèce est accablée de se retrouver en première ligne. L’Union rêve de passer le mistigri à des pays tiers, comme la Turquie. Rarement la question des limites que nous espérions dissimuler sous le tapis n’a été aussi vive.

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