De son vivant même, il était une légende. Le jour de son enterrement à Vienne en 1827, les écoles furent fermées. Son convoi funèbre se dirigea tout droit vers l’immortalité.

Memorial Ludwig van Beethoven
Memorial Ludwig van Beethoven © Maxppp / R. Kiedrowski

L’artiste surhumain qui parle au ciel comme un prêtre, à la terre comme un prophète… C’est au XIXe qu’apparaît vraiment cette figure. Il y avait déjà eu au XVIIIe, avec à leur tête Jean-Jacques Rousseau, des gens de lettres et de théâtre qu’enveloppait un effet de célébrité, pour le meilleur et pour le pire. Mais le siècle suivant sélectionne quelques personnalités élues dont il attend qu’elles remplissent, fût-ce dans l’angoisse, des fonctions qui dépassent les capacités de l’homme ordinaire. Lord Byron : « Borné dans sa nature, infini dans ses vœux/ L’homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux ». Victor Hugo : « Ma tête ainsi qu’un mont arrêtait les nuages ».

On a parlé pour le XIXe d’un sacre de l’écrivain. Mais on aurait tort de croire que l’écriture est le seul chemin de douleur et de sacrifice qui puisse rendre certains artistes surhumains. La musique le dispute alors à la poésie. Beethoven en témoigne. De son vivant même, il était une légende. Le jour de son enterrement à Vienne en 1827, les écoles furent fermées. Son convoi funèbre se dirigea tout droit vers l’immortalité. Et l’effet Beethoven se prolongera depuis, de mille manières. À tel point que si, un jour, les musiciens classiques, espèce en danger, s’éteignaient, resterait l’Ode à la Joie, phare sans gardien peut-être, mais qui brillerait toujours.

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