Se demander sans cesse si Cendrars est vraiment allé où il nous emmène, c’est une interrogation un peu vaine. Il faut passer de l’autre côté de l’écran mirobolant qu’il s’est fabriqué et entrer dans l’atelier du poète et du romancier.

Blaise Cendrars
Blaise Cendrars © AFP / STAFF

La prose du Transsibérien, Moravagine, Rhum, Bourlinguer… Le concierge de Cendrars, quand il répondait à sa place aux journalistes, résumait d’un mot : « Eh bien, savez-vous, c’est un homme du monde ! ».

Lui-même, entendant la question insistante de Pierre Lazareff, au milieu des années trente : « Mais le Transsibérien, vous l’avez pris ? » opposait un argument imparable : 

Mais je vous l’ai fait prendre, non ? 

L'homme des départs

Se demander sans cesse si Cendrars est vraiment allé où il nous emmène, c’est une interrogation un peu vaine. Il faut passer de l’autre côté de l’écran mirobolant qu’il s’est fabriqué et entrer dans l’atelier du poète et du romancier. Et on voit alors que son écriture, elle aussi, n’est faite que de départs – il aimait le mot : partances. Dès qu’il est parvenu à une réussite, comme lorsqu’il est parvenu à un port, il ne s’y abandonne surtout pas, il recommence. Rien ne lui fait autant peur que les formules toutes prêtes. 

Blaise Cendrars ? Celui par qui l’inconnu advient.

Le coffret de ses entretiens avec Michel Manoll en 1950 « Blaise Cendrars. En bourlinguant » est  paru dans la collection Les Grandes Heures Radio France / Ina

Cette semaine sur France Culture à 15h dans La Compagnie des auteurs, 4 émissions sur Blaise Cendrars

Programmation musicale : Concerto pour la main gauche de Maurice Ravel (interprété par François Samson)

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