Couchés avec les poules, levés avec les coqs, dormant, dans une nuit noire, du sommeil sans faille de qui doit produire le jour un grand effort physique...Ainsi imaginons-nous nos ancêtres d'avant l'ère industrielle.

Deux jeunes filles endormies sur la cuisinière - Albert Anker 1895
Deux jeunes filles endormies sur la cuisinière - Albert Anker 1895 © domaine public / Kunsthaus Zürich

Mais si, à cette époque, médecins, littérateurs, philosophes s'intéressaient tant au sommeil, c'est qu'ils ne le voyaient pas du tout comme allant de soi. Ils étaient bien obligés de le situer sur un autre versant de l'esprit, du côté du mystère. Les Anciens n'enseignaient-ils pas qu'il était jumeau de la mort, les prêtres qu'il fallait remercier Dieu de se réveiller et de vivre la grâce d'un nouveau jour. Mais au temps et au lendemain des Lumières, on aurait voulu en savoir davantage. Hélas, comme on ne mettait pas encore d'électrodes sur le cerveau des chats et qu'on ne pratiquait pas l'expérimentation, il fallait se contenter d'appliquer les courants de pensée traditionnels à la question du sommeil! "C'est une affaire d'humeurs", disaient les uns, "mais non", répondaient les autres... Et tous avaient l'impression de se retrouver dans un labyrinthe sans fil d'Ariane.

Et l'historien d'aujourd'hui, est-il aussi embarrassé, s'il caresse le rêve de reconstituer ce sommeil d'autrefois qui échappait déjà aux contemporains?

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