« Voir la vérité en face », disait le réalisateur Roberto Rossellini. Puissant et doté de beaucoup de moyens, le cinéma fasciste pratiquait l’artifice. Dès 1943, avant même la chute de Mussolini, un nouveau cours s’ébaucha, avec les débuts de Visconti et De Sica. Mais à la fin de la guerre, les studios de Salo sont détruits par les Allemands qui font retraite et ceux de Cinecitta transformés en centre d’accueil des réfugiés. Un américain vainqueur, l’amiral Stone, déclare : "l’Italie est un pays agricole : à quoi bon des films ?"

Le voleur de bicyclette de Vittorio de Sica (1948)
Le voleur de bicyclette de Vittorio de Sica (1948) © Collection Institut Lumière

Eh bien, le cinéma néo-réaliste va incarner une voie de salut. Les Italiens en 1945 demeuraient comme sidérés devant l’effondrement du monde d’apparences que leur avait construit le fascisme. Le cinéma néo-réaliste leur dit : « découvrons enfin ce que nous étions, ce que nous sommes réellement ». Le cinéma fasciste était lénifiant ? Nous dirons la réalité sociale. Il prônait la force ? Nous retrouverons le regard de la tendresse. Dans le vocabulaire d’aujourd’hui, on dirait qu’il propose un nouveau récit au pays.

Bien davantage : il restaure l’image de l’Italie à l’extérieur. Et notamment en France, où « Rome ville ouverte » comme « Le voleur de bicyclette » remportent succès populaire et adhésion intellectuelle.

La guerre froide va pulvériser le rêve d’un renouveau social et moral partageable par tous. Le néo-réalisme éclatera mais en multiples feux : il jettera ses derniers éclats au début des années cinquante mais il aura contribué à faire du cinéma italien le plus grand d’Europe dans les années 60.

Les liens

Le néoréalisme italien : article de Justin Kwedi

Le néoréalisme

Le réalisme au cinéma : dossier de Martin Kronstrom

Festival du film italien de Villerupt

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