Plaque commémorative à la mémoire des enfants Juifs déportés en France de 1942 à 1944
Plaque commémorative à la mémoire des enfants Juifs déportés en France de 1942 à 1944 © cc

D’abord il y eut sa longue enquête à la recherche des juifs de Plock : nombre d’entre eux étaient déjà partis avant 1939, il ne leur était pas recommandé d’y revenir après 1945 et une parabole disait : il n’en reste qu’un mais il est devenu muet ! Puis il y eut un grand travail sur le changement de nom : 5% des juifs de France après la Seconde guerre y ont recouru, à commencer par le père de Nicole Lapierre. Pourquoi, comment, pour combien de temps, se demandait-elle ? Aujourd’hui, elle clôt en quelque sorte ce cycle avec un troisième ouvrage, plus petit, qui tient dans la main et qui est encore plus intime.

Par ailleurs, elle a mené nombre de travaux souvent collectifs d’ordre sociologique, anthropologique – peu importe l’assignation à la discipline dans laquelle on vous fixe. Ses pairs ont apprécié : elle a été directrice de recherche au CNRS. Et puis il y a cette autre ligne de publications poursuivies à l’ombre des pères qui, à chaque fois, l’ont littéralement déplacée. Il y a le soi savant et le moi cherchant. C’est peut-être une originalité française que de pouvoir passer ainsi de l’une à l’autre, depuis au moins Lévi-Strauss qui publia coup sur coup sa thèse de doctorat sur les structures de parenté et « Tristes tropiques », où il nous faisait part de son exaltation comme de sa dépression.

La dépression ? L’histoire familiale aurait pu y conduire Nicole Lapierre. Pas du tout. La mémoire ne bloque pas nécessairement dans une impasse ; elle peut être, tout au contraire, vive, comme en alerte. Michel Foucault disait : « Non, je ne suis pas là où vous me guettez mais ici, d’où je vous regarde, en riant. »

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