L’histoire de la librairie Larousse, c’est un excellent exemple, bien documenté, d’une entreprise familiale qui réussit longtemps et qu’avale, au final, un conglomérat.

Pierre Larousse
Pierre Larousse © Getty / Apic

C’est le bicentenaire de la naissance de Pierre Larousse. Quand la Librairie Larousse avait encore pignon sur rue rive gauche, les anniversaires du père fondateur étaient célébrés avec davantage de pompe. Ainsi en 1975, le centenaire de sa naissance : Jean-Pierre Soisson, le grand-duc de la Giscardie en Bourgogne s’était déplacé à Toucy pour célébrer chez l’enfant du pays la religion du savoir, le goût de la pédagogie, le souci  de tout le monde. Seuls les catholiques qui n’étaient pas son public premier avaient traîné les pieds : les Petites Sœurs des Pauvres avaient refusé la pose d’une plaque sur l’immeuble de la rue Notre-Dame des Champs où Pierre travaillait à la fin du Second Empire à l’Encyclopédie.

L’Encyclopédie ? Son grand œuvre, d’abord appelé Grand Dictionnaire universel, achevé seulement après sa mort et repris, refondu, décliné inlassablement par quatre générations d’héritiers familiaux - jusqu’aux années 1980. La Librairie Larousse, comme on disait, c’était cette encyclopédie, le dictionnaire dont la première édition date de  1856 - et le scolaire qui remontait encore plus haut. La famille disait : « Il y a une seule chose que nous ne fabriquons pas : le papier. Et une seule chose que nous n’éditons pas : le roman. » Sinon, ainsi que le signifiait un slogan de mai 68, inscrit au Quartier latin,  face à la maison, « Je sperme à tous vents ».

Ces années 1960, la maison était à son zénith, avec mille salariés. Mais déjà, au moment du centenaire de 1975, les  incertitudes avaient commencé. Aujourd’hui Larousse n’est plus qu’un pseudopode dans un groupe autrement puissant que la maison d’origine mais aussi autrement fragile.  L’histoire de la librairie Larousse, c’est un excellent exemple, bien documenté, d’une entreprise familiale qui réussit longtemps et qu’avale, au final, un conglomérat. C’est une excellente illustration de l’histoire du capitalisme dans l’édition.

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