Plaque signalant une réserve de chasse à Fanlac en Dordogne
Plaque signalant une réserve de chasse à Fanlac en Dordogne © cc / Père Igor

La loi qui établit le permis de chasse et la fixation des dates d’ouverture et de fermeture date de 1844. Nous sommes sous la monarchie mais pas n’importe laquelle, la Monarchie de Juillet qui se considère comme l’héritière de 1789. Nous avons d’ailleurs encore coutume de dire que, sans la Révolution, la France ne compterait pas autant de chasseurs. Et il est vrai qu’ensuite, le climat idéologique de la Troisième République leur fut favorable. Le droit de propriété y tenait une place première ; or la liberté de chasser en était un des attributs. De même, le droit de s’associer fut proclamé en 1901 : il permit la réunion officielle des pratiquants.

Aujourd’hui, les sensibilités ont bien changé. Les citadins pratiquent la nature comme une récréation. La chasse se déroule dans des conditions d’inconfort qui leur seraient insupportables s’ils les connaissaient. Surtout, le rapport aux animaux s’est transformé. Nous concevons mal que la violence à l’œuvre dans la nature puisse venir d’eux. Et ne tolérons plus qu’elle puisse venir de nous.

La légitimité de la chasse qui ne se discutait pas en temps républicain peut-elle être reconstruite en temps écologique ? François Hollande, en déplacement il y a quelques jours en Haute-Saône, déclarait que les chasseurs et les pêcheurs étaient nécessaires pour la gestion du patrimoine naturel et il se hasardait à affirmer qu’ils travaillaient dans ce sens, en commun avec les associations environnementales… Dont acte.

Commencer une émission sur les chasseurs qui sont parfois ostracisés en évoquant les vœux d’un président qui est souvent mal entendu, c’est une double garantie pour que les auditeurs ne ferment pas le poste.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.