Les systèmes de parenté ont pour fonction de trier entre ceux qui sont nos semblables et les autres. En conséquence, ils posent des conséquences : ne nous est pas permis le mariage avec nos semblables. Les systèmes s’avèrent très différents selon les sociétés et les époques.

Parents et enfants - détail du sarcophage de M. Cornelius Statius - IIIe siècle après J.-C.
Parents et enfants - détail du sarcophage de M. Cornelius Statius - IIIe siècle après J.-C. © Getty / DEA / G. DAGLI ORTI

    Laurent Barry leur a consacré un ouvrage où il évolue entre les alliances des Peuls du Cameroun et les règles qui ont été en vigueur en Europe. Nous les parcourrons en plusieurs étapes.

Première étape, celle des juristes classiques des débuts de l’Empire romain qui les formuleront d’abord pour l’aristocratie de service. Une forme de conjugalité qu’on pourrait presque trouver moderne s’établit alors : elle cherche à fonder la fidélité entre les époux mais pose peu d’interdits quant aux alliances : ne voit-on pas l’empereur Claude  épouser sa nièce ?

Le christianisme se love dans cette conjugalité qu’il n’a  nullement inventée mais qui  convient bien à la doctrine de la famille qu’il construit. Son apport propre est ailleurs. On voit en effet l’Eglise élargir progressivement le cercle des interdictions d’alliances, degré après degré, ce qui lui permet  d’imposer son pouvoir de contrôle. C’est aussi important,  pour elle, sinon plus, que l’institution du sacrement du mariage.

Ces interdictions qui provoquent beaucoup d’embrouillamini seront de plus en plus difficiles à tenir. La sécularisation des règles va peu à peu gagner du terrain à partir du XVIIIème. Elle coïncide avec les possibilités  nouvelles de recherche que permettent la biologie puis la génétique.  L’Eglise proclamait : « Homme et femme deviennent un seul corps par le mariage. » A  partir du moment où  la biologie prend une place déterminante, la tendance est de dire : «Ce sont les parents et les enfants qui font maintenant un même corps, dès lors que les premiers donnent naissance aux seconds. »

Bibliographie :

La parenté de Laurent barry (Gallimard).  

Incestus et prohibitae nuptiae.. L'inceste à Rome de Philippe Moreau (Belles lettres).  

La société romaine de Paul Veyne (Seuil).

Oeuvres de Georges Duby (La Pléiade).

Série Il était une fois la vie de Albert Barillé.

Les invités
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.