Semaine spéciale « 1915, une guerre totale »

Tsitsernakaberd, monument à la mémoire du génocide arménien à Erevan
Tsitsernakaberd, monument à la mémoire du génocide arménien à Erevan © cc / GaelG

Avant de devenir une grande historienne, pionnière dans la reconstitution du meurtre d’une nation, Anahide Ter Minassian, enfant, a vécu dans une famille de réfugiés arméniens qui s’était retrouvée à Belleville.

Chez elle, on parlait quotidiennement du pays. Mais pas nécessairement en décrivant les 300 convois de déportés de 1915, les routes transformées en charniers à ciel ouvert, les rivières rouges de sang… La mère d’Anahide Ter Minassian était une conteuse infatigable. Elle était elle-même la fille d’une héroïne de la cause arménienne à la fin du XIXème siècle. Le logis de Belleville vibrait à l’évocation de personnages de légende qui avaient combattu dans des villages sauvages suspendus à des pentes farouches que séparaient des gorges profondes…

Souvent venait à la maison Madame Marie. Dans la marche forcée qui l’avait laissée seule à Alep en 1915, elle avait perdu son mari et, un à un, ses huit enfants. Elle se tenait droite et raide, assise sur une chaise, silencieuse.

La vocation d’Anahide er Minassian est née ainsi. De la surabondance des récits épiques et des silences de Madame Marie.

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