Amsterdam, Turin ou Barcelone, tous chefs-lieux de départements français. Au cercle des états satellites s’ajoute celui des pays vassalisés. Le mariage avec Marie-Louise fait entrer Napoléon dans les alliances familiales des dynasties traditionnelles. Retour sur l'éphémère Europe de Napoléon.

Carte de l'Europe en 1807
Carte de l'Europe en 1807 © Getty / Christophe LOVINY

D’abord, Bonaparte a voulu prolonger la portée de l’effort des révolutionnaires. La Grande Nation, tout en assurant mieux ses frontières, prétendait « libérer les peuples » de la Belgique et de la rive gauche du Rhin qui passèrent sous administration directe de Paris : une première fournée de départements surnuméraires date de cette période pionnière.

Bonaparte, à partir de ses campagnes d’Italie, introduisit une nouvelle priorité à l’expansion : le Sud et ses ports… 

Ensuite, devenu Napoléon, il imagine son Empire comme un toujours plus grand Empire. À force de victoires, il provoque l’effondrement de la Prusse, l’affaiblissement de l’Autriche et il remplace à Madrid un Bourbon par son propre frère comme, autrefois, un Bourbon avait remplacé un Habsbourg. Non seulement il a relevé l’héritage de la révolution mais il réalise les rêves inaboutis de la vieille monarchie.

En 1807, un accord arraché au tsar de Russie permet aux deux pats provisoirement  associés de prendre le continent en étau. Au cercle des états satellites plus ou moins bien tenus par la famille Bonaparte, s’ajoute celui des pays vassalisés. Quant au premier cercle, celui de l’administration directe, il s’enrichit de nouveaux départements ou intendances,  jusqu’à Hambourg ou l’actuelle Croatie. En 1810, la France compte 130 départements !

Le zénith, apparemment, est atteint quand le mariage avec Marie-Louise fait entrer Napoléon dans les alliances familiales des vieilles dynasties. Mais l’Europe napoléonienne n’est que continentale : Albion est invincible sur les mers. Surtout, elle ne peut parvenir à un point d’équilibre. Sa course rapide devient une fuite en avant. La désastreuses campagne de Russie de 1812  va commencer à faire tomber le jeu de dominos.

En 1814, Napoléon laissera une France plus petite que vingt ans auparavant et réduite à un rôle de puissance seconde. Et, pire, objet de méfiances et de détestations qui peuvent durer encore

Bibliographie

  • Jean-Philippe Rey, Histoire du Consulat et du Premier Empire, Perrin, 2016
  • Charles-Eloi Vial, 15 août 1811, apogée de l'Empire ? Perrin, 2019
  • Annie Jourdan, L'Empire de Napoléon, Flammarion, 2000
  • Thierry Lentz (dir.), Napoléon et l'Europe, Fayard, 2005
  • Bruno Benoit et Jean-Philippe Rey, Napoléon Bonaparte face à l'histoire, Le Poutan, 2015

Filmographie

  • Napoléon (mini-série) réalisée par Yves Simoneau (France 2)
  • Goya (série) réalisé par José Ramon Larraz (TVE)

Discographie

Judex Crederis par le Choeur de la Capella de St-Petersbourg

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