Le cinéma, ce n’est pas de l’archéologie. C’est une fabrique d’imaginaire. Il n’est pas synonyme d’exactitude. Une grande partie des films médiévaux font pourtant appel à des cautions historiques.

Equipe du tournage du film "When Knights Were Bold" devant le château de Warwick en Grande-Bretagne en 1935
Equipe du tournage du film "When Knights Were Bold" devant le château de Warwick en Grande-Bretagne en 1935 © Getty / Mirrorpix

📚 RÉVISIONS BAC - Vous êtes lycéen et vous tenez à profiter au maximum du temps libre dont vous disposez pour réviser votre bac ? Retrouvez tous les épisodes de La Marche de l'Histoire en lien avec votre programme, pour enrichir vos connaissances.

Rediffusion du 14/11/2018

Le cinéma, ce n’est pas de l’archéologie. C’est une fabrique d’imaginaire. Il n’est pas synonyme d’exactitude.  Une grande partie des films médiévaux font pourtant appel à des cautions historiques. La société Le film d’art  qui se crée dès 1908 aimait ainsi utiliser des décors vraisemblables. Mais Carcassonne, par exemple, sensée évoquer furieusement le XVème  siècle, n’est-ce pas une reconstitution du XIXème? Le médiévalisme, c’est autre chose que le Moyen Âge mais le médiévalisme a l’avantage de nous être familier, il est un truchement commode pour nous approcher d’une époque qui nous est comme une langue étrangère.  Eric Rohmer, lui, a été surpris quand il a tourné Perceval le Gallois entièrement en studio : le même château qui apparaissait clairement comme un décor, avait servi pour tous les châteaux, Rohmer changeant seulement les armoiries au mur pour figurer le déplacement de lieu. En  revanche, il avait cherché à figurer précisément ce qu’il imaginait être les manières de parler ou de se mouvoir du Moyen Âge. A-t-il réussi ? Il nous a au moins désarçonné en voulant nous révéler l’altérité radicale du Moyen Âge. N’est-ce pas, à tout prendre, la même approche, en plus ardu, que celle du cinéma de fantaisie ? La source de la fantasy est à chercher dans Méliès qui, sans prendre de précaution, filait droit vers le merveilleux. Ensuite, elle n’a pas déserté le  cinéma français mais elle nourrit davantage le cinéma américain. Le château rompt alors avec les chaînes de la vraisemblance. Grâce aux  effets spéciaux, il peut flotter dans des hauteurs inaccessibles et compter des milliers de pièces, qu’importe ? Mais le château n’est pas qu’un lieu. Que s’y passe-t-il ? On ne s’étonnera pas qu’il supporte des sièges : sa fonction est militaire. Mais le cinéma est sélectif. L’adoubement des chevaliers ne l’intéresse  pas, le tournoi et les bals beaucoup. Le château imaginaire a ceci de commun avec le château du Moyen Âge que le temps de la paix y est peut-être plus long que celui de la guerre. 

Bibliographie

  • Las Vegas mis en scènes écrit par Yohann Chanoir (Espaces & Signes)
  • L'imaginaire médiéval dans le cinéma occidental écrit par François de La Bretèque (Honoré Champion
Les invités
  • Yohann ChanoirAgrégé d'histoire, secrétaire de la revue Historiens et Géographes
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.