Troie, c’était l’Asie mineure. La région où se sont tenus plus tard les premiers conciles œcuméniques du christianisme. Huit ans après le génocide arménien de 1915, les Grecs en furent expulsés par l’épuration ethnique turque. Fatal début d’un siècle de fer.

C’est à Troie que Priam, après avoir vu le vainqueur trainer le vaincu face contre terre derrière son char, avait cherché à rompre le cycle de l’horreur. A marquer une frontière entre l’humanité et l’inhumanité, en invoquant la piété.

Tel Priam, les chrétiens du Moyen-Orient se sont voulu des médiateurs. Minoritaires, ne disposant pas de moyens militaires, leur vocation était de tracer des traits d’union.

La complexité de cette position les a longtemps maintenus dans l’état de constants rescapés. Elle provoque maintenant leur élimination. L’affrontement brutal des confessions tel qu’il a été programmé au Moyen-Orient ne leur laisse plus d’espace. Ils sont « des hommes en trop ».

Avec leur effacement du Moyen-Orient, c’est l’histoire qui est aussi décrétée en trop. Sans eux, le récit des origines ne sera plus possible. Et, à l’avenir, ils manqueront définitivement aux forces transformatrices du monde musulman.

L'Eglise Saint-Grégoire et l'école Sahagian à Alep en 1936
L'Eglise Saint-Grégoire et l'école Sahagian à Alep en 1936 © AGBU archives / Vartan Derunian

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