La Fuite en Egypte par Duccio di Buoninsegna - vers 1308
La Fuite en Egypte par Duccio di Buoninsegna - vers 1308 © domaine public / Musée de l'Œuvre de la Cathédrale de Sienne
La Vierge elle-même restait pensive devant l’enfant. Il lui avait été annoncé qu’il était Dieu incarné. C’était néanmoins un bébé. Serait-il comme les autres ? Plus tard, les peintres de l’Occident chrétien à qui beaucoup de liberté, pourtant, était consentie pour traiter le sujet, n’osèrent jamais représenter Jésus à quatre pattes. Et pouvaient-ils le figurer apprenant à lire ? Peut-être. Mais lisant ? Il était le Verbe, avait-il besoin de se frotter à ce qu’avaient dit les autres ? Les questions sont innombrables et les évangiles dits canoniques, ceux qui ont pris place officiellement dans le Nouveau Testament, apportent peu de réponses. Dans d’autres religions, les textes relatifs aux débuts des fondateurs sont généralement bien plus prolixes. La tentation est alors de combler les manques. Les apocryphes s’y sont employé, à satiété. Evangile arabe de l’enfance, Evangile de l’enfance selon Thomas, Pseudo-Matthieu etc… Les époques successives ont fait le reste. La nôtre, par exemple, n’aime guère les familles nombreuses mais se plaît évidemment à imaginer Jésus entouré d’une ribambelle de frères et sœurs. Expulser Jésus d’une enfance ordinaire, en faire un as des as à la course ou penser qu’à trois ans, il s’endormait déjà sur une croix posée au sol comme Sarah Bernhardt dans son cercueil, c’est la pente la plus facile. Un autre versant a pourtant été éclairé dans la suite des temps : et si Jésus, s’étant fait homme, avait voulu vivre son enfance comme tout petit d’homme ?
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