Les Ottomans, la « Maison d’Osman », comme on disait, sont issus des marges du monde musulman classique. Simples chefs de principauté en Anatolie, ils vont peu à peu déplacer leur centre de gravité plus à l’est. Leurs succès initiaux datent du XIVe avec les premières implantations dans l’Europe balkanique.

La prise de Constantinople sur une miniature ottomane
La prise de Constantinople sur une miniature ottomane © Getty / Leemage

Le bey devient sultan. Il met au point des techniques d’intimidation et d’administration qui lui permettent de régner à distance sur des populations qui ne sont pas majoritairement musulmanes. Le « ramassage » des enfants chrétiens pour en faire des janissaires est ainsi organisé dès 1370. Il s’étendra quand les nécessités des conquêtes l’imposeront.

La prise de Constantinople en 1453 fait de Mehmed II, le souverain ottoman vainqueur,  l’héritier du vieux système impérial qui avait dominé la Méditerranée. Son successeur Selim prend à son tour Le Caire. La côte africaine de la Méditerranée et, pareillement, le Moyen Orient passent sous le contrôle des Ottomans : Damas, Bagdad comme La Mecque. Le califat qui avait pour capitale Le Caire passe à Constantinople/Istanbul. L’Empire tire un bénéfice de cette recharge religieuse qui lui confère le devoir d’installer l’Islam partout.

Un lieu résume cette position universelle : le palais de Topkapi. Il est situé hors de la vieille ville de Constantinople, sur une pointe, il se tient comme suspendu entre Bosphore et Marmara, entre Méditerranée et Mer Noire, entre Europe et Asie. Au milieu du XVIe siècle, un souverain de première grandeur l’habite, c’est Soliman le Magnifique. Il semble inaccessible au milieu de son sérail et, en même temps, sa justice s’y exerce. Dans cet empire tentaculaire et si divers, c’est en effet la croyance en la justice du souverain qui, en dernier ressort, peut maintenir l‘unité.

Bibliographie 

  • Les Ottomans par eux-mêmes de Elisabetta Borromeo, Nicolas Vatin (Les Belles Lettres).
  • Rhodes et l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem de Nicolas Vatin (CNRS).
  • Le sérail ébranlé. Essai sur les morts, dépositions et avènements des sultans ottomans, XIVe-XIXe siècle de Nicolas Vatin, Gilles Veinstein (Fayard).
  • Dictionnaire de l'Empire Ottoman par François Georgeon, Nicolas Vatin, Gilles Veinstein, Elisabetta Borromeo, Collectif (Fayard).
  • Constantinople 1453. Des Byzantins aux Ottomans - Textes et documents de Vincent Déroche, Nicolas Vatin, Collectif (Anacharsis).
Les invités
  • Nicolas VatinHistorien, épigraphiste et orientaliste, directeur de l'Institut d'études arabes, turques et islamiques du Collège de France
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