Les politiques nationales du souvenir menées après 1945 ont mené, bien naturellement, à majorer le rôle des résistances internes.

Libération de Milan en avril 1945
Libération de Milan en avril 1945 © Getty / Keystone

Les politiques nationales du souvenir menées après 1945 ont mené, bien naturellement, à majorer le rôle des résistances internes. Les seuls exemples de la Norvège et du Danemark montrent pourtant combien les circonstances différaient d’un pays à l’autre. A Copenhague, Christian X, resté dans son palais, incarnant une manière de refus silencieux que l’occupant, habile pour une fois tolère, du moins jusqu’en 1943. En Norvège, en revanche, un roi tout de suite passé à Londres, une nazification qui va bon train et une géographie qui favorise l’insoumission. La reine de Hollande s’est également exilée mais des partisans peuvent-ils s’établir bien nombreux aux Pays-Bas ? Au moins la reine parle-t-elle au diapason de son gouvernement londonien. Ce n’est pas le cas pour les Belges : le maintien de Léopold III sur le continent enlève de sa légitimité au Premier ministre Pierlot que Londres regarde, d’ailleurs, de haut.

Il convient donc de distinguer des situations très diverses ; il faut surtout redonner un rôle central à la Grande Bretagne, flanquée au bout d’un moment par les Etats-Unis. C’est la Grande Bretagne qui distribue les partitions entre les co-belligérants qui lui restent et qui lui doivent tout. C’est elle qui organise la propagande par la radio. Ce sont ses agents, ses avions, son argent qui permettent l’organisation de réseaux sur le continent.

Ce serait naïveté de penser qu’elle raisonnait dans les termes qui étaient ceux de ses alliés : plus qu’aux intérêts propres de chaque nation, elle s’attachait à ceux de la Couronne. Et surtout, après une brève période de romantisme jusqu’en 1941, où elle pensait pouvoir embraser l’Europe, elle savait qu’elle n’était riche que de peu de moyens. Elle ne voulait pas les disperser et se refusait donc à soutenir ce qui lui paraissait trop coûteux ou trop aventureux. D’un côté, ses appels à la résistance accéléraient le mouvement de protestation des populations mais elle garda toujours la main sur le frein quand il s’agissait des opérations militaires.

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