2003, année de l'annulation
2003, année de l'annulation © Radio France / Isabelle Lassalle

Cette année encore, les spectateurs des festivals ont commencé à réserver leurs places. La tradition est bien établie : dans certains milieux, elle se transmet même de génération en génération. Cependant l’expérience de 2003 résonne encore : peut-être nombre de spectacles n’auront-ils pas lieu, peut-être les spectateurs eux aussi connaîtront-ils une forme de… l’intermittence.

Un festival, par définition, est toujours au bord de la crise. Les artistes en attendent beaucoup : leur investissement sera-t-il récompensé, comment seront-ils vus, appréciés, aimés ? Le temps qui leur est donné pour accomplir ces attentes est si court qu’il est prêt à éclater.

Quand s’y greffe, comme en 2003, une crise du système de l’assurance-chômage des intermittents, ce peut être très vite l’explosion. Les uns pensent qu’on peut encore déjouer le malheur social, et qu’il faut jouer quand même. Les autres qu’on ne joue pas dans n’importe quelles conditions. En 2003, les directeurs, les uns après les autres, se résignèrent à l’annulation : Aix, Avignon, Montpellier, La Rochelle… Il leur fallait calculer assurance, remboursement… Surtout, ils voyaient la communauté que provoque la représentation être menacée d’éclatement : il leur parut préférable de la protéger.

Il reste qu’une annulation n’est jamais neutre ; en 2014 plus encore qu’en 2003, elle obère l’avenir.

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