Slogans de la Révolution culturelle sur le campus de l'Université Fudan, à Shanghai, au printemps 1976
Slogans de la Révolution culturelle sur le campus de l'Université Fudan, à Shanghai, au printemps 1976 © domaine public / Villa Giulia

Quand, en juillet, malgré ses 72 ans, il nage longuement dans le Yangzi devant des dizaines de milliers de sujets ébaubis, Mao a plus que jamais récupéré le magistère de la parole. C’est lui qui, plus fort que les vents et les vagues, indique la direction. Il fait se lever une force tellurique : les jeunes gardes rouges qui vont mettre cul par-dessus tête les établissements d’enseignement puis les quartiers généraux des pouvoirs.

Peut-il y avoir un totalitarisme anarchique ? En tout cas, s’ensuit un vaste chaos. En 1967, changement de cap. Il faut la violence de l’armée pour rétablir un ordre. Les organisations de gardes rouges qui s’affrontaient les unes les autres sont dissoutes voire liquidées. Cette seconde phase fait davantage de victimes encore que la première.

Les gardes rouges et, après eux, les jeunes gens instruits des villes qui ont le malheur d’avoir vingt ans dans les années qui suivent sont envoyés en rééducation dans les campagnes chez les paysans pauvres qui n’en peuvent mais. Et cela durera ainsi jusqu’à la mort de Mao en 1976, et même au-delà.

Dix-sept millions de personnes sont concernées. Une génération perdue qui, aujourd’hui, parvenue à la soixantaine, ne sait trop comment transmettre son expérience. Car, comme dit Le Quotidien du Peuple à l’occasion du cinquantième anniversaire de la révolution culturelle, il faut - n’est-ce pas ? - laisser l’histoire à l’Histoire…

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