En 1938, Sartre lui avait lancé : « Mais pourquoi ne vous mettez-vous pas en personne dans ce que vous écrivez ? » Sartre, le compagnon, le frère, l’égal, le mentor surtout… Son injonction méritait d’être écoutée ! Elle fera son chemin. Progressivement.

Simone de Beauvoir en 1968
Simone de Beauvoir en 1968 © Getty / Bettmann

En 1938, Sartre lui avait lancé : 

Mais pourquoi ne vous mettez-vous pas en personne dans ce que vous écrivez ?

Sartre, le compagnon, le frère, l’égal, le mentor surtout… Son injonction méritait d’être écoutée ! Elle fera son chemin. Progressivement. L’essai philosophique –Le deuxième sexe en 1949- réussit en effet à Simone de Beauvoir. Ses romans – Les mandarins, Goncourt 1954- connaissent le succès. Sa personne y apparaît mais il faut attendre les Mémoires d’une jeune fille rangée en 1958 pour qu’elle se jette toute crue dans un livre. 

Comme elle  est femme à déboulonner les genres, elle ne conçoit pas les Mémoires à la façon de Chateaubriand.  Elle tient à rester dans le vif. Au risque de ne pas savoir si, en avançant dans le récit, elle s’éloigne du vrai ou bien le rejoint. C’est difficile de garder la juste distance quand on est soi-même dans le mouvement. Chateaubriand avait l’avantage d’écrire assis dans son cercueil.

Comment suis-je devenue femme ?

De quoi est faite la femme faite que je suis devenue ? Avec mille difficultés qu’elle avouait volontiers, Simone de Beauvoir produisit un cycle liant les segments de sa vie – La force de l’âge, La force des choses… 

Il  s’acheva, après la mort de Sartre, par La cérémonie des adieux.

C’était une autobiographie et, en même temps, une biographie du nous. Dans l’œuvre de Simone de Beauvoir, elle taille une voie royale, consacrée en tout cas comme telle par la Pléiade qui vient de publier deux volumes sous le titre « Mémoires ».

Programmation musicale : La rue des Blancs-Manteaux par Juliette Gréco (chanson écrite par Sartre)

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