Le Ventre Legislatif par Honoré Daumier - 1834
Le Ventre Legislatif par Honoré Daumier - 1834 © domaine public / Phillips Collection

Alors que la Vème République s’apprête à atteindre le record de durée de la IIIème, certains proposent de passer à la VIème.

On peut aussi se dire que les institutions importent mais qu’elles ne valent que par les hommes qui les incarnent. Sinon, le représenté risque de ne plus se sentir représenté. Et d’opposer, comme aujourd’hui, une hostilité sourde, une indifférence butée. Or un gouvernement ne tire sa légitimité que du nombre d’individus qui acceptent de se soumettre à la loi.

Quand la légitimité du gouvernement décroît dangereusement, il est d’usage de se tourner vers le personnel politique. Au lendemain de la défaite de 1871, Renan appelait à une réforme intellectuelle et morale ceux qu’il appelait déjà les « politiciens ». Après la guerre suivante, la grand sociologue Max Weber - un allemand cette fois - disait attendre de l’homme politique trois qualités : la passion, le sentiment de responsabilité, le coup d’œil.

Entendue ainsi, la politique s’apparente peut-être à une vocation. Doit-elle pour autant devenir un métier ?

Autrement dit, si on transpose la question en termes d’élections, puisque nous sommes en système démocratique, le mandat doit-il pouvoir être renouvelé sans fin ou doit-il être limité ?

La question est centrale. La démocratie est un éco-système fragile à la diversité très menacée où la politique a besoin de descendre très profond mais où des espèces nouvelles doivent pouvoir monter au jour. Sinon, comment disait Aristide Briand, au nom de son expérience de vieux briscard – trente ans député, vingt fois ministre : « c’est une mare stagnante ».

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