Marie-Thérèse d'Autriche commença par susciter la pitié ; avec le temps, elle força l’admiration. Elle exerça le pouvoir avec la même détermination qu’un homme.

L'invitée est Elisabeth Badinter
L'invitée est Elisabeth Badinter © Getty / Louis Monier

Au départ, c’était un peu : mission impossible. Arrivée au pouvoir en 1740 pour succéder à un père qui ne l’y avait pas préparée, elle était guettée, à l’extérieur, par beaucoup d’ennemis et, à l’intérieur, bien mal soutenue par des ministres passablement vermoulus et un époux qui était le prince de la gaffe. En 1741, annus horribilis, on la représentait en femme rudoyée, violentée, bientôt nue.

Elle commença par susciter la pitié ; avec le temps, elle força l’admiration. Elle exerça le pouvoir avec la même détermination qu’un homme. Mais en l’habillant d’un charme très particulier : elle était la quintessence de la meilleure éducation.

Au long d’un règne de quarante années, elle prouva que les femmes peuvent faire ce que font les hommes. Mais il n’y avait qu’elle qui pût offrir à la famille des Habsbourg, hantée par l’angoisse de la filiation… seize enfants. Tous destinés en principe à amasser un trésor pour l’avenir – c’est ainsi qu’elle maria au futur Louis XVI la quinzième d’entre eux, Marie-Antoinette. Chacun constituant aussi une personne particulière dont elle prenait grand soin. Elle ne se tenait jamais éloignée de ses enfants, leur organisant de petites fêtes, des rencontres en tête-à-tête.

La Hofburg à Vienne, ce n’était pas Versailles. Et la représentation de la souveraine avait peu à voir avec celle de nos rois. Elle veillait à se faire portraiturer en femme aimante, entourée de son mari et de ses enfants, avec parfois un berceau au beau milieu de la toile. Ainsi peu à peu l’analogie se fit entre ses enfants et ses sujets. C’était la première et commune mère. Le tout dans une atmosphère de moralité pointilleuse qui n’en fait certes pas notre contemporaine mais elle n’en demeure pas moins une pionnière.

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