Une plaque sur la façade d’une église de Calais rappelle que le général de Gaulle s’y est marié...

Les Bourgeois de Calais par Rodin
Les Bourgeois de Calais par Rodin © Getty / Ozgur Donmaz

Une plaque sur la façade d’une église de Calais rappelle que le général de Gaulle s’y est marié. Mais s’il associera, à chacune de ses visites, la ville à l’idée de l’unité, ce n’est pas au nom d’un souvenir matrimonial mais de la mémoire nationale.

Calais, dans sa tête comme dans celle la tête des petits Français de l’époque, c’est non seulement la ville française la plus proche de l’Angleterre et qui aurait pu être anglaise mais aussi la cité qui, après un siège de onze mois, en 1347, a su rassembler ses dernières forces, écouter son premier échevin, Eustache de Saint-Pierre, et trouver en son sein une délégation de six bourgeois assez déterminée pour faire face à l’Anglais impérieux, lui offrir debout et fièrement leur vie et donc s’affirmer pour le futur comme les véritables vainqueurs. Le chef d’œuvre de Rodin en témoignait depuis son érection en 1895 et on pouvait penser que c’était une représentation indépassable.

Mais les générations d’après 1970 sont venues qui se demandèrent avec raison qui était vraiment cet Eustache et qui considérèrent peu à peu ces bourgeois comme étrangers à l’époque. Même à Calais, le cœur n’était plus à leur célébration.

Calais changea aussi de modèle économique : moins d’industrie et donc de vieux notables et d’ouvriers. La ville, premier port de passagers de France, voulait s’affirmer comme le lieu du commerce européen le plus pacifique qui fût. Mais voilà qu’ont afflué des milliers et des milliers de réfugiés qui témoignaient des terribles guerres du monde.

Quand il leur arrivait de se hasarder jusqu’au cœur de la ville, qu’ont-ils pensé des personnages de Rodin qui sont toujours là posés sur la place, presque à hauteur d’hommes ? Quant au langage du général sur Calais symbole d’une France fraternelle, qui s’en souvient ? Certainement pas ceux qui, se réclamant parfois de lui, menacent les localités de France qui accueillent des réfugiés de devenir autant de mini-Calais. L’image de la ville, dans le monde entier, a décidément été renversée.

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