Il y a 50 ans, Joseph Ki-Zerbo crée une association des historiens africains où le travail collectif doit privilégier les premiers concernés, une association d’origine francophone. Sans doute ne faut-il plus reprendre les divisions dessinées par les empires coloniaux.

François-Xavier Fauvelle lors de sa leçon inaugurale au Collège de France le 3 octobre 2019
François-Xavier Fauvelle lors de sa leçon inaugurale au Collège de France le 3 octobre 2019 © Collège de France / Patrick Imbert

Le Collège de France, en créant une chaire d’histoire consacrée à l’Afrique et confiée à François-Xavier Fauvelle, fait le choix d’un archéologue. Le travail sur le continent doit en effet être pluridisciplinaire.

Certains se sont étonnés que le Collège n’ait pas élu un noir à ce poste. Il aurait aussi bien pu le faire. L’important est de ne pas faire de sa « race » un affichage. D’autres ou les mêmes ont remarqué que dans les universités américaines, on ne verrait pas un blanc enseigner les « choses noires » : Fauvelle va pourtant faire suivre son premier enseignement au Collège d’un autre à Princeton. L’important est de faire confiance à la compétence. L’histoire de l’Afrique doit se raconter comme les autres, sur le même ton. Fauvelle résiste aux idéologies nationalistes et afrocentristes : l’entrepreneuriat mémoriel, très peu pour lui.

Il reste que l’histoire de l’Afrique est un travail particulièrement difficile. Mille ans d’esclavage d’une part, des années de colonisation d’autre part, ont fermé bien des verrous. La condition des chercheurs et la demande sociale à laquelle ils doivent répondre sont bien différentes de celles que connaissent l’Europe ou l’Amérique.  Il y a cinquante ans, avait été créée par Joseph Ki-Zerbo une association des historiens africains qui réclamait une révision générale des formations et des objectifs : le travail collectif doit privilégier les premiers concernés. Mais cette association était d’origine francophone. Sans doute ne faut-il plus reprendre les divisions de dessinées par les empires coloniaux.

L’Afrique est diversité, il y a des mondes africains différents les uns des autres mais considérons-les tels que les ont définis les usages des Africains eux-mêmes. Et ne les refermons pas non plus sur eux-mêmes. Ces mondes africains sont connectés aux autres, leurs  contemporains. 

Bibliographie

  • François-Xavier Fauvelle, L'Afrique ancienne : de l'Acacus au Zimbabwe. 20 000 ans avant notre ère - XVIIe siècle Belin, collection Mondes anciens
  • François-Xavier Fauvelle, Le Rhinocéros d'Or : Histoires du Moyen Âge africain, aux éditions Alma
  • Convoquer l'histoire. Nelson Mandela : trois discours commentés, aux éditions Alma
  • La mémoire aux enchères. L'idéologie afrocentriste à l'assaut de l'histoire, aux éditions Verdier.
  • Histoire de l'Afrique du Sud, François-Xavier Fauvelle, publié aux éditions du Seuil, collection L'Univers Historique
  • Florian Pajot, Joseph Ki-Zerbo, Itinéraire d'un intellectuel africain au XXe siècle, aux éditions L'Harmattan
  • Joseph Kizubo, Histoire générale de l'Afrique, paru aux édtions africaines, Edicef, Unesco.

Épisodes de la série - Les mondes anciens de l’Afrique

Les invités
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.