Il est très difficile d’estimer le nombre des autochtones profrançais passés au service direct des autorités françaises pendant la guerre d’Algérie. Parmi eux, il y avait nombre d’auxiliaires de l’administration qu’on a pu retrouver en France après l’indépendance.

Camp de harkis à Bias en 1975
Camp de harkis à Bias en 1975 © Getty / Jean-Pierre TARTRAT

Il est très difficile d’estimer le nombre des autochtones pro-français passés au service direct des autorités françaises pendant la guerre d’Algérie. Parmi eux, il y avait nombre d’auxiliaires de l’administration qu’on a pu retrouver en France après l’indépendance. Les harkis proprement dits étaient des supplétifs de l’armée mais derrière le mot, il y a un monde : on a pu en effet les confondre avec les algériens militaires de carrière ou engagés selon les règles traditionnelle.

L’indépendance va s’avérer fatale pour des dizaines de milliers d’entre eux. Là encore, la question se pose : combien ont été victimes de vengeances, d’humiliations, de tortures ? 60, 80 000 morts en quelques semaines ? Et dans des violences indicibles que l’armée française encore sur place ne recevra pas mission de juguler.

Combien trouveront-ils refuge en France, terre permise sinon promise ? Au moins autant ? Pas nécessairement dans le cadre limité et contraint que Louis Joxe, ministre d’Etat chargé des Affaires algériennes, avait défini dès avant l’autodétermination. Nombre d’officiers, par exemple, instruits par l’abandon honteux des indochinois qui avaient combattu à nos côtés avant 1954, avaient organisé des circuits parallèles de transfert vers la métropole.

L’hiver 1962-1963, extrêmement froid, surprendra les harkis entassés dans des camps. Beaucoup d’enfant en bas âge n’y survivront pas. Mais la fécondité maintenue des familles de harkis, longtemps maintenue à un niveau aussi hait qu’en Algérie, posera très vite une question mal préparée, celle de la seconde génération. Y en a-t-il une troisième qui garderait des traits vraiment distincts ? Les associations de harkis, nombreuses et virulentes, le soutiennent. À les entendre, les harkis constitueraient un potentiel électoral de peut-être un million de personnes. Mais point n’est besoin d’exagérer les chiffres, la description de la condition qui leur a été faite parle d’elle-même.

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