Département de Constantine et ses confins sahariens
Département de Constantine et ses confins sahariens © domaine public

Le premier acte avait commencé avec les attaques groupées de la Toussaint 1954. Mais, au printemps suivant, la révolution du jeune FLN, assiégée militairement dans son berceau des Aurès, s’avouait elle-même dans une impasse. A Alger, le nouveau gouverneur général, Jacques Soustelle disposait non seulement de nouveaux crédits mais d’une vision. Il ne croyait pas en l’assimilation, il proposait l’intégration. A tous les habitants, il proposait un collège unique, quitte à amener 120 députés algériens au Palais-Bourbon. Et alors ?, disait-il.

Algérie intégrée, Algérie arabo-musulmane ? Une course de vitesse était engagée. Le chef de la zone 2 de la rébellion décide de lancer des opérations simultanées, le 20 août, à midi, dans des dizaines de localités du Nord-Est constantinois en même temps qu’à Philippeville. Fils du téléphone coupés, attaques menées au son des youyous des femmes par peut-être quinze mille fellahs encadrés par les hommes de l’ALN, les actes commis doivent être irréparables. La répression attendue fera fleurir des martyrs et coupera l’envie à toute personnalité algérienne de devenir l’interlocuteur de l’administration française.

Août 1955 est un tournant important de ce qu’il faut maintenant appeler la guerre d’Algérie. Mais l’évènement s’inscrit en écho à une histoire autrement longue. C’est à bien des égards une réplique de Sétif 1945 : un soulèvement alors spontané, une répression terrible. Un siècle avant, c’était la guerre de conquête dont le FLN répètera que la guerre d’indépendance ne pourra jamais la dépasser en horreur. Et il faudrait peut-être remonter aux premiers affrontements en Afrique du Nord de l’Islam et du christianisme car le chef de l’insurrection du 20 août 1955 lui a clairement donné une dimension religieuse que l’opinion française percevait mal à l’époque.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.