Au fil des dix scrutins présidentiels s’est constitué peu à peu un petit groupe de … comment dire : deuxième, second, troisième homme – encore qu’il y eut une fois une femme.

Affiche électorale de Jean Lecanuet - novembre 1965
Affiche électorale de Jean Lecanuet - novembre 1965 © Getty / Keystone France

Le parcours de chacun a été honorable : si on fait la moyenne des résultats que les uns et les autres ont obtenu, on atteint 17,5%. Pourtant, ils se sont tous retrouvés au supplice dans une position inconfortable, voire sur un siège éjectable : un seul, cependant, jusqu’ici, s’était explicitement retiré de la vie politique.

Le club des troisièmes ne s’est évidemment jamais réuni : il compte trop d’individualités singulières et blessées.

S’il l’avait jamais fait, il aurait pu entamer une discussion intéressante sur la malédiction de la position centrale sous la Vème République. Ceux qui venaient du gaullisme et s’y retrouvaient comme Chaban-Delmas ou Balladur en ont été bien embarrassés : ils n’avaient pas d’autre choix que de se désister pour leur meilleur ennemi de droite. Ceux qui occupaient plus naturellement la position centrale - parce qu’ils étaient par nature centristes – ont pu passer pour des arbitres : en réalité, la bipolarité était si installée qu’ils n’avaient pas d’autorité suffisante sur leur électorat, une partie allant par habitude à hue, une autre à dia. Jean Lecanuet et son continuateur François Bayrou en ont fait l’amère expérience.

On voit au passage combien le scrutin de 2017 est incongru : jamais depuis 1965 un centriste n’avait été en tête à l’issue du premier tour...

Programmation musicale : "Sérénade napolitaine - pour ténor et orchestre", de José Carreras. Album : José Carreras, a life in music (2016)

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