Au centre de l'Europe se trouvent quatre pays membres de l'UE depuis 2004 qui forment un noyau militant contre l'accueil des réfugiés. Liés par l'Histoire, ils le sont aussi par une forme de gouvernance.

Conférence de presse du Groupe de Visegrad à Varsovie 02/03/2017
Conférence de presse du Groupe de Visegrad à Varsovie 02/03/2017 © Getty / Pacific Press

C’est en 2015 qu’à l’initiative de Viktor Orban, le Premier ministre national-conservateur de Hongrie, le groupe de Visegrad retrouve une nouvelle vie, s’érigeant en mur face à l’afflux des réfugiés qui, passés par l’Asie mineure, cherchent à trouver asile en l’Europe.

La première mouture du groupe date d’un quart de siècle plus tôt. Son périmètre était le même : Pologne, Hongrie et Tchécoslovaquie, celle-ci formant encore un seul état. En revanche, l’intention, à la fondation, était tout autre que celle d’aujourd’hui. Nous étions au lendemain de la chute du communisme et Vaclav Havel, l’ancien dissident de Prague devenu président, l’inspirateur du groupe, voulait que les trois pays – bientôt les quatre-  avancent d’un pas mieux assuré vers l’OTAN et l’Europe.

Les dirigeants d’aujourd’hui content aux populations du groupe de Visegrad une autre histoire. Ils n’entendent pas quitter l’Europe, plébiscitée par les électeurs au début des années 2000 mais ils disent : nous sommes 65 millions, notre histoire est millénaire ; aux souffrances qu’i s’y sont accumulées, la période récente, uniquement préoccupées de business et corrompue, a ajouté un cortège de dessaisissements et de privatisations forcées : nous ne voulons pas être colonisés par Bruxelles… L’Europe, ajoutent-ils, n’est plus là où nous la cherchions. Le relativisme moral l’a gâtée  et le multiculturalisme la guette. Arrière, le mariage gay et l’Islam…

Les mêmes dirigeants, et d’abord Viktor Orban qui dispose de la marge de manœuvre la plus grande,  se voient en chefs qui méritent d’être obéis. Sentinelles  d’un passé qu’ils qualifient de chrétienté,  ils se considèrent aussi comme des leviers. Ils guettent la montée des extrème-droites que vit le continent quasi tout entier. Ils sont attentifs aux sollicitations de tous les dirigeants il-libéraux, de Trump à Nétanyhaou qui cherchent des moyens de diviser l’UE. Et ils préviennent : « Nous croyions que l’Europe était notre avenir ; c’est nous qui sommes l’avenir de l’Europe. 

Bibliographie

  • Bernard Guetta, L'enquête hongroise (puis polonaise), Flammarion, 2019
  • Jean-Yves Potel, "Un nouvel autoritarisme en Pologne" dans Esprit de mars 2019
  • Sylvain Kahn et Jacques Lévy, Le pays des européens, Odile Jacob, 2019
  • François Bafoil, La Pologne, Fayard, 2007

Filmographie

  • Kler de Wojciech Smarzowski (Pologne, 2018)
  • Etoile d'Eger de Zoltan Varkonyi (Hongrie, 1968)

Discographie

  • Nenahraditelna par Sima Martausova
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