Le Prêteur et sa femme - par Quentin Metsys - 1514
Le Prêteur et sa femme - par Quentin Metsys - 1514 © domaine public / Musées Royaux des Beaux Arts de Belgique

Privée, publique, la dette, c’est d’abord un document, archivé, qui témoigne d’une promesse entre deux parties.

L’histoire des monarchies européennes, cependant, est pleine de ce qu’on pourrait appeler des banqueroutes déguisées. Dans notre continent, l’argent levé grâce au crédit public accroît la puissance guerrière des états et donc les destructions que seules de nouvelles dettes peuvent réparer… Ensuite il faut consolider, comme on peut. On l’a bien vu après la Seconde Guerre Mondiale : les années qui ont suivi ont permis ce qu’on pourrait appeler un pardon de la dette.

Aujourd’hui, la tendance serait plutôt à rendre la dette publique, sacrée et prioritaires, les remboursements la concernant.

La dette publique, dans cette perspective, se trouve hissée à la même hauteur que la dette privée. En ce qui concerne celle-ci, la morale veut qu’elle soit honorée. L’État, d’ailleurs, s’en porte garant. Du XIIe siècle jusqu’en 1867, la prison pour dette a existé en France.

Néanmoins, Le Deutéronome , dans L’Ancien Testament , recommandait au créancier de relâcher la pression tous les sept ans etL’Évangile selon Saint Matthieu condamnait le prêteur sans pitié. Celui-ci, en prêtant de l’argent, offre du temps au débiteur; or le temps ne se déroule jamais comme prévu. Peut-on exiger un remboursement s’il empêche l’autre de travailler, de vivre, de se remettre à égalité ?

La dette privée elle-même est donc susceptible d’aménagements qui permettent au débiteur de montrer qu’il est capable de se reprendre. La dette publique ne le serait-elle pas aussi ? Mais élargir et creuser les marges, nous dit-on, ce serait y jeter la confiance et pourrait créer un risque systémique bien au-delà des pays liés par les origines du contrat.

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