L'Opéra Garnier à Paris - vers 1900
L'Opéra Garnier à Paris - vers 1900 © domaine public / Brown University Library
L’Opéra, qui est un vaisseau merveilleusement gréé, imagine, dans son grand rêve d’art total, qu’il appareille vers l’intemporel. Mais l’Opéra appartient aussi à cette terre et à sa temporalité. Les spectateurs qui évoluent dans la salle en pleine lumière ou les machinistes qui filent dans les cintres ne veulent peut-être pas le savoir mais ils marchent, littéralement, sur des morts. Gaston Leroux, quand il publie_Le fantôme de l’Opéra_ en 1910, tente de saisir ce passé qui se tient aux aguets, en latence. Il lui prête la forme d’un spectre qui franchit les miroirs ou bien celle d’une nappe d’eau qui coule, souterrainement, toujours prête à rejaillir. Latence du passé mais aussi puissance du devenir. Nous vivons un siècle après Gaston Leroux. Les conceptions et les représentations qu’on se fait de la culture connaissent une mutation sans précédent. Dès lors, l’Opéra pourrait apparaître comme le point terminal, et dépassé, d’une culture éprise d’art et d’humanités où l’époque ne se retrouverait plus. Pourtant ses formes et ses motifs ressurgissent dans quantité de productions contemporaines, à tous les horizons. Umberto Eco aurait pu imaginer des rapprochements entre le Palais-Garnier et Disneyland. Wagner est présent dans l’univers des mangas. Gaston Leroux intéresse le cinéma chinois plus encore que le français. Le fantôme de l’opéra ne cesse d’étonner par son revif de grâce et de jeunesse. ## Les liens [Les voix ensevelies ](http://expositions.bnf.fr/voix/) Une exposition virtuelle raconte l'aventure des urnes de l'opéra , de l'étrange cérémonie de leur ensevelissement à l'intégralité du contenu de chacune.
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