« C’est bien de proclamer la République tous les quatre matins, encore faut-il que nous devenions républicains dans notre comportement moral »

Ferdinand Buisson en 1922
Ferdinand Buisson en 1922 © Getty / Bettmann

« C’est bien de proclamer la République tous les quatre matins, encore faut-il que nous devenions républicains dans notre comportement moral ». Ainsi parlait Ferdinand Buisson.

Ferdinand Buisson ? 1841-1932. Directeur quasi perpétuel de l’enseignement primaire sous Jules Ferry et bien au-delà, il fut le grand entrepreneur du chantier laïque de la Troisième République.

Il rêvait d’une école où, à l’exemple de l’instituteur esprit libre répondrait en écho l’élève devenu lui aussi une individualité pensante et qui rayonnerait à son tour : « Va, petit missionnaire de l’école laïque, rapporte à tes parents tes cahiers, tes livres, tes images et les beaux récits d’histoire et de morale que tu auras entendus du maître…. »

Buisson et toute une équipe de collaborateurs – il croyait à l’intelligence collective - rédigea un immense Dictionnaire de pédagogie qui fut aux foyers d’instituteurs ce qu’était le petit Larousse aux foyers ordinaires. « Une cathédrale de la laïcité », dit Pierre Nora qui inclut ces quatre forts volumes dans ses « Lieux de mémoire » de la France. De même que dans la pratique, Ferdinand Buisson imagine une laïcité qui irradierait plutôt qu’elle ne s’imposerait par la puissance, de même, dans sa philosophie telle qu’elle apparat dans le Dictionnaire, il ne prêche pas l’exclusive. La première édition, qui court de 1882 à 1886, donne une grande place à Dieu, à l’élan de l’âme vers Dieu, à la prière. Ceux qui confondent aujourd’hui la laïcité avec l’agnosticisme tranquille ou l’athéisme militant seraient surpris s’ils remontaient à cette source.

L’Eglise catholique ne s’y trompait d’ailleurs pas, qui soupçonnait Buisson de vouloir remplacer son enseignement par une spiritualité autre, fondée sur la libre pensée mais une libre pensée religieuse…

Programmation musicale :

Manitas de Plata "Prieres" (1988)

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