Les Noailles étaient des aristocrates qui avaient le sens des vraies hiérarchies : les artistes d’abord. Leur maître mot est l’amusement. Mais ils ne s’amusent pas avec n’importe qui. Seulement avec des gens intelligents, ce qui peut exclure nombre de personnes de leur milieu d’origine.

 Portait de la vicomtesse Marie Laure de Noailles dans Vogue en 1929
Portait de la vicomtesse Marie Laure de Noailles dans Vogue en 1929 © Getty / Carl Oscar August Erickson

► Rediffusion du 31/10/2018

C’était un couple dont la légende rencontre l’histoire de tous les arts du XXe.  Il s’est formé au début des années 1920, dissocié au fil des années  1930 sans que jamais les noms de Charles et de Marie-Laure puissent être  séparés, jusqu’à la mort de la vicomtesse en 1970. Par leur générosité –  il faudrait dire leur munificence – ils ont financé et permis des aventures improbables dans l’architecture, la peinture, le cinéma dit expérimental, la musique… Buñuel comme Cocteau, Francis Poulenc comme Kurt Weill, pour choisir parmi des dizaines de grands noms, leur doivent ainsi beaucoup.

Aujourd’hui, le marché de l’art est subverti par les spéculateurs et  le mécénat, pour les entreprises, un moyen de défiscalisation, de  promotion, d’intégration des personnels quand ce n’est pas de  repentance. Rien de tel chez les Noailles. Leur nom les préserve du  souci de la publicité et encore plus de celui de la postérité. Sont-ils  seulement pénétrés du sentiment d’un devoir à accomplir parce qu’ils ont  de la fortune ? Ce n’est pas ainsi qu’ils posent la question. Leur maître mot est l’amusement. Mais ils ne s’amusent pas avec n’importe qui. Seulement avec des gens intelligents, ce qui peut exclure nombre de personnes de leur milieu d’origine.

On laisse au début de cette émission Charles dire, dans sa voix, leur credo fondamental : la création sans l’esprit de sérieux. C’est  justice. Au long des années, on l’a moins entendu que Marie-Laure dont  Paul Morand disait qu’à table, elle ne mangeait pas de peur de se voir  couper la parole.

Il reste qu’elle comme lui, chacun à sa manière, veillait à ne pas déranger ceux qu’ils finançaient. C’étaient des aristocrates qui avaient le sens des vraies hiérarchies : les artistes d’abord.

Le site de la Villa Noailles à Hyères

Programmation musicale

Francis Poulenc Aubade, FP 51 "Concerto choréographique": Toilette de Diane. par l'orchestre philharmonique royal de Liège dirigé par Stéphane Denève

Kurt Weill Les Sept péchés capitaux - prologue par la soprano Gisela Ma

Bibliographie

  • Charles et Marie-Laure de Noailles - Mécènes du XXe siècle écrit par Alexandre Mare, Stéphane Boudin-Lestienne (Bernard Chauveau Édition - Villa Noailles )
  • Marie-Laure de Noailles. La vicomtesse du bizarre écrit par Laurence Benaïm (Grasset)
  • Winnaretta Singer-Polignac - Princesse, mécène et musicienne écrit par Sylvia Kahan (Les Presses du Réel)
  • "L'âge d'or" - Correspondance Luis Buñuel-Charles de Noailles, lettres et documents, 1929-1976 (Centre Georges Pompidou - IRCAM)
  • L'improbable destin de la Villa Noailles écrit par François Carrassan, Bernard Plossu (Images en manoeuvres)

Filmographie 

L'âge d'or réalisé par Luis Bunuel

Les invités
Programmation musicale
  • TinariwenTaqkal tarha (feat.Micah Nelson)2019
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