C'était une chaude journée de printemps, le 27 mai, en 1943. Jean Moulin, délégué du Comité français de libération nationale de Londres, présidait la première réunion du Conseil national de la Résistance.

Les représentants du Comité national de la Résistance réunis sous la présidence de Georges Bidault le 10 mai 1944
Les représentants du Comité national de la Résistance réunis sous la présidence de Georges Bidault le 10 mai 1944 © Radio France / Anonyme

Dans les années d'après 1945, quand on dit CNR, on pense moins à Jean Moulin ou au rôle effectif de ses successeurs dans la libération du territoire qu'au programme adopté par tous ses membres, en mars 1944, et qui en appelait, unanimement, à la construction d'une nouvelle économie démocratique : planification, nationalisations, participation des travailleurs...

A l'époque, l’immense majorité des Français, à commencer par les milieux dirigeants, disait partager ces objectifs.

La référence symbolique au CNR demeura longtemps, s'effaçant cependant au fil des générations. Puis vinrent les nouveaux temps de mondialisation accélérée. Il fallait écarter tout ce qui gêne l'adaptabilité de la France, et donc, crut pouvoir dire un inspirateur du Medef, revenir sur 1945 et "défaire méthodiquement le programme du CNR."

A trop vouloir détruire les tabous, on réveille les totems. La réaction est venue aussitôt. Organisée par des leaders d'opinion efficaces. Rejointe par tous ceux qui pensent que l'avenir collectif passe aussi par l'unité sociale. Le CNR, hier oublié, s'en trouve ressuscité, magnifié.

En ce jour presque anniversaire de sa création, nous vous proposons quelques petits exercices autour de son histoire - exercices plus polyphoniques qu'idéologiques.

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