Lorsque la Chrétienté finissante fut brisée par la Réforme protestante, l’Europe qui commençait à se chercher fut d’abord conçue sur le mode défensif. C’était un espace encore mal défini mais qu’il fallait protéger du Turc, cet Infidèle qui faisait tout à l’envers : il écrivait de droite à gauche et, au lieu de décapiter, il empalait. Qui plus est, il allait de l’avant d’une façon qui provoquait l’inquiétude et, parfois, l’angoisse voire la panique. A la République de Venise, il disputait, avec de plus en plus de succès, le contrôle des îles au large de la Grèce et sur terre, il occupait jusqu’à la plaine hongroise.

Contre lui, c’étaient un peu toujours les mêmes acteurs qui se retrouvaient à la manœuvre, chauffés à feux constants par le Pape qui se faisait un devoir de maintenir la puissance de croisade. Le roi de France avait choisi de nouer des liens durables avec le sultan et se tenait souvent dans une sorte de neutralité et c’était sur les pays qui se tenaient aux avant-postes que reposait l’effort alors qu’ils n’étaient que de taille moyenne.

Parmi eux, les souverains de la Maison d’Autriche. Par deux fois, Vienne est assiégée. En 1529, au temps de Soliman. Plus dangereusement encore, en 1683. La ville ne sera sauvée qu’avec l’appui d’une armée de renfort dans laquelle on comptera 25000 hongrois et autant de Polonais. Autriche, Hongrie, Pologne, c’est étrange de voir s’esquisser de nouveau, au XXIème siècle, ce rapprochement.

En fait, la Pologne connaîtra ensuite un destin séparé mais la Hongrie - et sa fameuse couronne de saint Etienne- sera récupérée tout entière dans les dernières années du XVIIème par les Habsbourg. Ils construiront alors un nouvel Empire, de grande dimension cette fois. Vienne deviendra une grande capitale-mère, un, carrefour. Mais elle garde enfouie en elle le souvenir de la ville-frontière menacée qu’elle fut et peut-être ce passé rejoue-t-il aujourd’hui dans les circonstances que traverse l’Autriche redevenue un petit pays.

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