Le plus beau berceau qui lui fut offert portait à sa tête une victoire ailée et à son pied un aiglon prêt à s'envoler vers elle. Sur un flanc était représenté le Tibre et sur l'autre, la Seine. Mais, son père l'empereur français défait, il dut quitter Paris à trois ans à peine et n'eut pas le droit de connaître l'Italie. "Les rois m'adoraient au berceau et cependant je suis à Vienne".

Portrait de Napoléon II enfant par François Gérard - 1811
Portrait de Napoléon II enfant par François Gérard - 1811 © domaine public

L'empereur autrichien, son grand père, lui manifestait davantage d'affection que sa cour mais, pour Vienne, il représentait davantage un danger politique qu'une opportunité: on l'y aurait volontiers rendu invisible. D'ailleurs, quand il était en public, il se tint le plus souvent muet. Avant de s'en aller de la poitrine dès 1832, à 21 ans à peine.

Mais il arrive que les mythes se construisent au-dessus du vide. C'est le cas pour le roi de Rome. On ne compte pas les textes et les images brodant sur son compte jusqu'à ce qu'Edmond Rostand en fasse la synthèse en 1900.

Une dernière fois dans l'hiver si froid de décembre 1940, le fantôme de Napoléon II passa. Quand Hitler transféra ses cendres aux Invalides, Pétain eut le sentiment d'être manipulé et il limogea Pierre Laval qui voulait l'envoyer à Paris sceller la politique de collaboration au-dessus du sarcophage. Ce fut la seule victoire de l'Aiglon.

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Napoléon et l'Europe au Musée de l'Armée

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