Couverture de l'édition de 1846 de La Chartreuse de Parme de Stendhal par J.Hetzel
Couverture de l'édition de 1846 de La Chartreuse de Parme de Stendhal par J.Hetzel © domaine public

Quand Françoise Sagan disait que les héros stendhaliens paraissent un peu niais, c'était plutôt un compliment. Minces, fringants, énergiques, ils sont comme en attente d'eux-mêmes. Léon Blum, qui parlait autrement que Sagan, disait: ils sont dans une virginité sensible. C'est l'amour venant qu'ils naissent à eux-mêmes. Pour Fabrice, cela se produira dans le ventre d'une forteresse où il vit séparé de quelques mètres de Clélia et où il mourrait volontiers, dans sa proximité. Vivre en amour, mourir en amour...Mais il y a aussi les nécessités politiques, sociales. Il faut gagner sa vie, composer avec la société de son temps. Stendhal se sent héritier des idéaux de liberté de l'autre siècle mais au moment où il vit, la politique lui semble être entrée en décadence pour longtemps. Il reste juste à choisir, comme aujourd'hui, entre ce qui est incontestablement détestable et ce qui, tous comptes faits, est préférable. Armé de ce principe, l'autre héros de La Chartreuse, le comte Mosca exerce comme il peut le métier peu reluisant de Premier ministre. A chaque instant, il est tenté de donner sa démission pour... vivre en amour... Car, chaque matin, où qu'il se trouve, le héros stendhalien continue de se lever avec l'idée du bonheur dans la tête.

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