Procession à Séville - Manuel Cabral Aguado-Bejarano - 1855
Procession à Séville - Manuel Cabral Aguado-Bejarano - 1855 © domaine public
C’est depuis le début de la Semaine Sainte que les images de religion se prêtent aux rites qui, chaque année, leur redonnent vie. Les Sévillans sont curieux d’admirer les atours dans lesquels les statues réapparaissent et ravis d’applaudir ceux qui les portent et les accompagnent. Même aujourd’hui, Vendredi Saint, commémoration de la passion du Christ, l’atmosphère ne peut être triste : le deuil est ambigu. Et a fortiori les jours qui vont suivre. Curieusement, les Sévillans négligent la messe de la Résurrection. En lieu et place, ils ont introduit leurs pratiques passablement hétérodoxes qui se poursuivent au-delà de la corrida et de la feria de Pâques avec une Pentecôte et une Fête-Dieu très singulières. Comme si un récit parallèle se tressait avec le récit catholique. On se gardera de vouloir démêler les origines archaïques de ces rituels. On tentera ici une interprétation qui, depuis le chemin de croix, ouvrira des perspectives sur la psychanalyse. Ce n’est pas un jeu gratuit. Ce long cycle dit ce qu’est Séville et, au-delà, l’Andalousie. Un million de personnes environ rejoignent la ville pour la Semaine Sainte, autant peut-être dans le village des marais où, à la Pentecôte, les hommes se disputent la Vierge du Rocio, emblème de l’autonomie régionale. Ce sont des journées dont l’énergie, en outre, se démultiplie à travers les moyens de communication contemporains, jusque dans les réseaux sociaux. Car, désormais, les images de religion tweetent et il faut les admirer derrière un mur de téléphones portables.
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