Politiques d’identité ? L’expression surgit à la fin des années 1970. La politique doit venir, directement et profondément, de notre propre identité. Identité de couleur, identité de genre d’abord, mais d’autres viendront.

la dictature des identités
la dictature des identités © Getty / Plume Creative

Les campus américains ont été le lieu d’expérimentation des politiques d’identité qui se sont diffusées à une vitesse éclair grâce à l’interconnexion planétaire que nous vivons dorénavant.

Politiques d’identité ? L’expression surgit à la fin des années 1970. La politique doit venir, directement et profondément, de notre propre identité. Identité de couleur, identité de genre d’abord mais d’autres viendront. L’identité, pour se déployer, a généralement besoin d’un récit navré. Elle se vit d’abord blessée, contrariée. Mais elle est toujours incomplète et donc susceptible de contestations, de reconceptualisations, de recompositions. « Homosexuel » est ainsi devenu une formulation simpliste. Il est vrai qu’elle est issue du vocabulaire psychiatrique. L’homosexualité est maintenant incluse dans un vaste champ mouvant : LGBTQIA+. Bien que la scissiparité soit un mode de reproduction asexuée, on pourrait parler de scissiparité des identités. D’ailleurs les asexuels, A, viennent d’être joints aux LGBTQI, c’est pour cela que les esprits informés parlent de LGBTQIA+…

Certains prennent le parti d’en rire et soutiennent que ces byzantinismes n’intéressent pas grand monde. Le simple survol de la réalité virtuelle montre pourtant la cristallisation, partout, de groupes de semblables accrochés à leurs conceptions, non négociables. Une fois que nous avons décidé qui nous sommes, nous recherchons des « comme nous ». Je suis ceci donc je pense ceci ; vous êtes cela, vous pensez donc cela.

L’exercice de la politique, qui n’est pas seulement affrontement ni même débat, mais dialogue dans une cité commune, ne s’en trouve pas facilité. C’est le moins qu’on puisse dire.

Bibliographie :

  • La dictature des identités de Laurent Dubreuil (Gallimard)
  • Pures fictions de Laurent Dubreuil (Gallimard)
  • À force d'amitié de Laurent Dubreuil (Hermann)
  • De l'attrait à la possession. Maupassant, Artaud, Blanchot de Laurent Dubreuil (Hermann)
  • L'état critique de la littérature de Laurent Dubreuil (Hermann)

Filmographie :

  • The social network de David Fincher
  • Into the wild de Sean Penn
  • Gatsby le magnifique de Jack Clayton
  • Panic Room de David Fincher

Chanson :

  • Born this way de Lady Gaga
Les invités
  • Laurent DubreuilProfesseur de littérature comparée, d’études romanes et de sciences cognitives à l’université Cornell
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