Musiciens de rue à Paris au printemps 1945
Musiciens de rue à Paris au printemps 1945 © Imperial War Museums / Domaine public / Radio France

« Le bonheur, après tout, c’est une idée originale ». Albert Camus définit parfaitement la marque de fabrique qu’imprime la jeunesse sur la période qui s’ouvre avec la Libération de Paris. La guerre durera jusqu’en mai 1945 avec bien des rebondissements. Le ravitaillement n’a peut-être jamais autant manqué. On craint plus que tout le froid de l’hiver. Il n’empêche ! La jeunesse est prête au recommencement.

Certaines vieilles gloires – Gide, Jouvet…. – sont de retour mais beaucoup se sont mises en veilleuse, obligées qu’elles sont de justifier leur comportement pendant l’occupation. Les nouveaux talents peuvent exploser. Au disque, c’est Yves Montand, soutenu par Piaf, qui s’impose dès que les studios d’enregistrement rouvrent, au printemps 1945. Au théâtre, c’est Gérard Philipe ! Marc Allégret disait qu’il avait en lui de rares réserves de pureté, Daniel Gélin, qu’il était choisi des dieux, mais il peut être aussi le Caligula de Camus, en octobre 1945.

La pièce triomphe au théâtre Hébertot, du côté des Batignolles, mais le quartier où va alors faire escale Gérard Philipe, c’est Saint Germain-des-Prés, là où un Paris, pourtant exsangue, va vivre un instant de grâce.

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