Josephine Baker en 1973
Josephine Baker en 1973 © MaxPPP

« Aux Etats-Unis, je n’avais pas de bas et je dansais pour ne pas avoir froid ; en France, on m’a donné des chaussettes puis des talons ; en France, les maisons sont petites mais les talons hauts… » Joséphine Baker a toujours été intarissable quand il s’agissait de défendre les avantages comparatifs de Paris. Une noire pouvait y frayer avec tout un chacun et y être choyée par le milieu artiste. Car c’est lui qui, le premier, a construit sa réputation dans la seconde moitié des années 20. La célébrité auprès du grand public est venue ensuite. Dans les années 60, enfin, elle fut sans cesse à la une de la presse à scandale. Elle voulait faire de son extravagant château des Milandes où elle accueillait une douzaine d’enfants adoptés venus de tous les pays une capitale de la fraternité mais elle y creusait d’un même mouvement un gouffre extravagant. Face à la rapacité des créanciers et du fisc, elle prétendait mener une nouvelle revue, celle de la générosité.

Après le fantasme de la femme noire, voilà qu’elle incarnait la mère de famille universelle. Irrégulière, elle a déplacé bien des lignes. On se souvient aussi du titre auquel elle avait accédé pendant la guerre : lieutenant de la France combattante. Dans le milieu du spectacle, ils n’avaient pas été si nombreux à refuser le parti de l’indifférence politique. Régis Debray note : chez elle, liberté rime avec légèreté. Il a proposé, mi- sérieux mi- provocateur, qu’elle entre au Panthéon. En attendant, elle repose à Monaco où la princesse Grace lui avait offert l’hospitalité. Joséphine, c’est « liberté-égalité-fraternité » mais aussi « souveraineté du people ».

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