Il y a quarante ans précisément en septembre, il était renversé, enfermé dans l’ancien palais de son prédécesseur Ménélik et finalement étouffé sous un oreiller, en 1975, sans autre forme de procès.

L'empereur Haïlé Sélassié en habit officiel en 1971
L'empereur Haïlé Sélassié en habit officiel en 1971 © domaine public

Il avait tout de même régné quarante-quatre ans comme empereur sous le nom de Pouvoir de la Trinité, Haïlé Selassié. Et le quart de siècle qui avait précédé, il l’avait consacré à tisser sa toile d’araignée pour devenir, au milieu des princes de l’Empire disjoint, le primus inter pares : il était alors seulement le ras Tafari.

Hiératique, énigmatique, son autorité semblait venir directement de Dieu : en tout cas, l’empereur le laissa toujours supposer et, soutenu par son clergé copte, il donna toujours l’impression d’y croire.

Il usa judicieusement de son image, construite avec méthode à partir des engouements successifs de l’opinion internationale. En 1935, victime de l’attaque italienne, il était devenu un pionnier de l’antifascisme. En 1963, avec l’installation de l’Organisation de l’Unité africaine à Addis-Abeba, le voilà figure de proue de l’africanisme. Et, plus inattendu, à la même époque, l’objet du culte des rastas.

Longtemps, il réussit ainsi à dissimuler les lacunes de son administration et l’impéritie et la corruption de ceux qui mangeaient dans sa main. Il n’assura pas la survie du régime mais il faut reconnaître que pour la sienne propre, il déploya une virtuosité certaine.

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