Il y a quarante ans précisément en septembre, il était renversé, enfermé dans l’ancien palais de son prédécesseur Ménélik et finalement étouffé sous un oreiller, en 1975, sans autre forme de procès.

Photo datée de 1930 à Addis-Abeba, l'année de son couronnement, de l'empereur éthiopien Haile Selassié
Photo datée de 1930 à Addis-Abeba, l'année de son couronnement, de l'empereur éthiopien Haile Selassié © AFP / Ho
L'empereur Haïlé Sélassié en habit officiel en 1971
L'empereur Haïlé Sélassié en habit officiel en 1971 © domaine public

Hiératique, énigmatique, son autorité semblait venir directement de Dieu : en tout cas, l’empereur le laissa toujours supposer et, soutenu par son clergé copte, il donna toujours l’impression d’y croire.

Il usa judicieusement de son image, construite avec méthode à partir des engouements successifs de l’opinion internationale. En 1935, victime de l’attaque italienne, il était devenu un pionnier de l’antifascisme. En 1963, avec l’installation de l’Organisation de l’Unité africaine à Addis-Abeba, le voilà figure de proue de l’africanisme. Et, plus inattendu, à la même époque, l’objet du culte des rastas.

Longtemps, il réussit ainsi à dissimuler les lacunes de son administration et l’impéritie et la corruption de ceux qui mangeaient dans sa main. Il n’assura pas la survie du régime mais il faut reconnaître que pour la sienne propre, il déploya une virtuosité certaine.

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