On va répétant que nos villages sont obsolètes, nos chefs-lieux de canton trop petits mais, depuis les années 1830 jusqu’à aujourd’hui, des générations d’amateurs – au sens le plus noble du terme – se sont acharné à reconstituer l’histoire de ce réseau de communautés humaines, constitué dès le Moyen Age et qui résiste en même temps qu’il se défait.

Parmi les auteurs de monographies locales, les instituteurs sont nombreux. Et parmi ces instituteurs, Jacques Sigot est une manière de recordman. Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages, de toutes tailles. Pour une bonne moitié, ils sont consacrés à Montreuil-Bellay où il est arrivé en 1973. Il a commencé tranquillement avec ce qui était connu mais qu’il fallait documenter. Ainsi tombaient nombre de petits mystères. Mais le vrai secret du passé, c’est qu’il est imprévisible. Voilà qu’en 1980, par hasard, Jacques Sigot découvre qu’avant même la défaite de 1940 et jusqu’à la fin de la guerre en 1945 et au-delà, la petite ville tranquille abritait un camp de concentration. Lequel, de 1940 à 1944, s’avéra être le plus grand lieu de regroupement des tsiganes : il y en eut, à certains moments, jusqu’à plus de 1000. Et plus personne ne les évoquait. Il part en quête. Ses publications sur le sujet deviennent des références. L’emplacement du camp est protégé par l’Etat qui en a fait un lieu patrimonial.

Le maitre de la profession d’historien, Marc Bloch, qui respectait beaucoup les études locales, l’avait déjà dit : elles sont des monuments aux morts au moins aussi importants que ceux construits en pierres.

Les liens

Site de Jacques Sigot

Site de Jacques Sigot consacré à la ville de Montreuil-Bellay

Site de Jacques Sigot consacré au camp tsigane de Montreuil-Bellay

Site des éditions Wallâda, spécialisées en études tsiganes

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