Cette année 2017, l’Eurométropole patronne non pas une mais plusieurs expositions à la fonction de laboratoire d’Europe qui fut la sienne pendant la haute période 1880-1930.

Lycée international des Pontonniers dans le quartier construit par les Allemands, le Neustadt à Strasbourg
Lycée international des Pontonniers dans le quartier construit par les Allemands, le Neustadt à Strasbourg © AFP / PATRICK HERTZOG

En 1870, Strasbourg change de mains. A partir de 1880, Berlin la redessine, l’agrandit, la peuple de Vieux-Allemands, consacre beaucoup de moyens à en faire sa vitrine face à Paris. Et, pendant ce temps, note Emmanuel Berl, nous autres Français ne pouvions aller au sommet de la colline de sainte Odile sans que ne monte en nous la complainte des provinces perdues :

Quelque chose en nous souhaitait à tout prix l’Alsace

D’un côté, Strasbourg était l’objet de toutes les attentions de l’Allemagne; de l’autre, elle était l’horizon d’attente de la France.

Mais, invoquant son passé de ville libre et fière de son esprit d’indépendance, elle n’entendait certes pas n’être qu’un glacis culturel où s’affronteraient des influences contraires. Jusqu’à la fin des années 20, bien au-delà du retour à la France en 1919, elle réussit à être un vrai pôle d’excellence, avec ses musées, son université qui visaient rien moins que l’universel.

Ensuite, hélas, ce fut la tragédie. Elle se noua dès les années trente. Les familles, les cercles d’amis, jusqu’aux êtres eux-mêmes en sortirent terriblement déchirés.

Strasbourg ne s’est relevé qu’en retrouvant son identité double et en l’inscrivant dans une constellation plus large : l’europanéité.

En l’an 2000, la ville consacrait une grande exposition dévolue au rôle de capitale qu’on lui donnait volontiers en 1900. Cette année 2017, l’Eurométropole patronne non pas une mais plusieurs expositions à la fonction de laboratoire d’Europe qui fut la sienne pendant la haute période 1880-1930. Et ce, au moment où le tramway transfrontalier qui la relie à Kehl commence à tracer son chemin. Ce n’est pas une coïncidence.

Site de l'exposition "Laboratoire d'Europe Strasbourg, 1880-1930"

Site du festival Musica 2017 (du 21 septembre au 07 octobre 2017 à Strasbourg)

Programmation Musicale :

"Gravelotte (die roten Hosen)", "Arms Elsass" par Liselotte Hamm et Jean-Marie Hummel

"Strasbourg Transit" par Liselotte Hamm

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