Objet de mépris, pomme de discorde, le bâtard sous l’Ancien Régime ne pouvait succéder au titre de son père. Il ne pouvait pas non plus accéder à nombre de charges. En principe...

Françoise-Athénaïs de Rochechouart, marquise de Montespan, et ses enfants
Françoise-Athénaïs de Rochechouart, marquise de Montespan, et ses enfants © Getty / Heritage Images

Dans les familles nobles, certains bâtards obtenaient un rôle de premier plan, particulièrement aux XVe et au XVIe où on parla de « bâtardocratie »… Même au XVIIe, l’examen des procédures judiciaires montre un indice de réprobation moins élevé qu’on ne pourrait le penser.

À la fin du XVIIIe siècle, la bâtardise devient un thème soumis à concours pour les Académies des Lumières. Ensuite, la Révolution légifère sur le sujet. Les bâtards passent de l’infamie à la dignité de citoyens. Le mot lui-même est exclu du droit. 

En réalité, à peine voté le texte de 1793, les usages anciens reviennent, son contenu est édulcoré par la jurisprudence et le Code Civil de Napoléon rétablit l’inégalité entre les enfants naturels et les enfants légitimes. Le même Cambacérès qui, conventionnel en 1793, avait accéléré la transformation, met la main sur le frein dix ans plus tard. 

L’égalité, et encore pas pour les enfants adultérins, ne sera assurée qu’à partir de la modernisation du droit de la famille au début des années 1970.

Bibliographie :

Une tache au front. La bâtardise aux XVIe et XVIIe siècles de Sylvie Steinberg (Albin Michel).

Bâtards et bâtardises dans l'Europe médiévale et moderne de Carole Avignon, Collectif (Presses Universitaires de Rennes).

Eloge des bâtards de Olivia Rosenthal (Verticales).

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