Les villes étaient devenues les endroits les moins sûrs - cependant 30000 juifs peut-être vivaient encore à Paris en 1944. La liberté perdue dans les villes demeurait dans les bois et les combes : l'œil exercé distinguait des maisons dissimulées qui laissaient de nouveau échapper un peu de fumée. Mais beaucoup de juifs vivaient aussi plus simplement à ciel ouvert, dans les fermes, les hameaux, les villages

Enfants Juifs devant la maison de Moissac pendant la Seconde Guerre mondiale
Enfants Juifs devant la maison de Moissac pendant la Seconde Guerre mondiale © Mémorial de la Shoah/coll. Privée /

Il faut faire l'histoire de la non-déportation : 330000 juifs vivaient en France, 250000 ne sont pas partis. Les explications sont multiples. Nous honorons les grands solistes, les 3500 Justes, mais il y avait l'orchestre, le public. La comparaison avec une salle de spectacle n'est pas absurde : le pays était devenu une comédie des apparences. Une spirale de silence également : si le pire n'est pas toujours advenu, c'est que beaucoup de gens se sont tus et ce n'était pas nécessairement de l'indifférence.

Certains osaient parler plusieurs tons au-dessus. Ainsi le pasteur Trocmé au Chambon en Haute Loire qui, après la rafle du Vel d'hiv de l’été 42, faisait lire une lettre de protestation devant un ministre de Vichy ! "Nous ne connaissons pas de juifs ici, nous connaissons seulement des hommes" .

C'est cet éventail de comportements, des simples petits gestes à la résistance civile, qu'il faut tenir ouvert.

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